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 De la naissance d'un psi ...

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MessageSujet: De la naissance d'un psi ...   Lun 26 Avr - 12:10

Debout, devant ce grand lit d’hôpital, le docteur Vychensko patientait, dans quelques instants une fois sa mission accomplie, il pourrait enfin retourner à ses occupations professionnelles. Etait-il devenu un criminel ? Lui, qui avait consacré son entière existence à dispenser la vie… Non ! S’il se faisait aujourd’hui le commanditaire d’une action si sombre, c’était dans l’unique but de préserver tous ceux que ce monstre en devenir aurait pu anéantir. « Assassiner un futur assassin n’est guère un crime, mais un acte de bravoure… » devait-il croire les agents de l’Egide à ce sujet…
Il était trop tard pour y penser, d’ici peu le neurotoxique ferait son œuvre, d’abord une paralysie de la coordination motrice, un blocage des muscles essentiels, puis des poumons et enfin du cœur.
Mais avant d’en arriver là, mieux valait s’éloigner des lieux. Notre homme pouvait certes compter sur sa réputation d’éminent chirurgien ainsi que sur de solides appuis très haut placés, mais il préférait se tenir loin lorsque l’inévitable arriverait. Quittant la chambre il pensa à Emmy, sa petite fille… ses lésions traumatiques étaient tout sauf un accident, il en était persuadé… Ils l’avaient tuée, son acte n’était que justice…

[…]

Extrait de la conférence du professeur Murray, chef du projet Locuste, psychiatre et neurologue, code 12-298, transmission par vidéo-commutateur :

… que savez-vous des Psis au juste, hormis le fait qu’ils sont nos ennemis de toujours ? Pour le moment pas grand-chose. Je vais donc me permettre d’apporter modestement quelques éléments vous donnant l’occasion d’en apprendre davantage à leur sujet.
Tout d’abord qui sont-ils ? Homo sapiens sapiens, encore appelé être humain. Bref, ils ne sont ni plus ni moins que nos semblables, et vous comme moi, nous pourrions devenir l’un des leurs. L’inverse n’a jamais été scientifiquement prouvé, aussi je ne peux décemment m’attarder sur cette seconde hypothèse.
Peuvent-ils encore être considérés comme humains à part entière ? Je dirai, en m’appuyant des résultats d’études menées sur les spécimens rapportés lors de missions par nos agents, que physiologiquement parlant, rien ne les différencie de l’espèce humaine. Leur corps n’a subi aucune mutation que la génétique puisse qualifiée d’extraordinaire, et leurs organes, muscles et ossements occupent les mêmes rôles que chez monsieur Tout-le-monde. Je rajouterai en scientifique chevronné, fort des dizaines de rapport d’autopsie que j’ai pu consultés depuis que travaille pour l’Egide, qu’ils dépendent et répondent aux mêmes stimuli que nous, ils ressentent la douleur, le feu les consume, et les armes peuvent les tuer… apparemment… Si je dose à cet instant mon argumentation d’un soupçon de prudence, ce n’est pas par manque de fiabilité de nos recherches mais plus du fait que mon équipe et moi-même n’avons uniquement pu travailler que sur des cadavres, nous n’avons de toute évidence aucune base solide nous permettant de dresser quelconque donnée rationnelle de l’influence de leur facultés mentales sur leur organisme. Ne daignant colporter des rumeurs plus que discutables, je laisserai à d’autres, hommes de terrain et observateur, le loisir de vous faire part de leurs expériences in situ…
Qu’est-ce qui les différencie de nous ? Pour ne pas m’étendre en palabres, je prends la liberté de vous soumettre ces deux coupes de cerveaux, réalisées selon le principe de l’imagerie par résonance magnétique. A gauche le cerveau d’un humain quelconque d’une trentaine d’année, à droite celui d’un Psi, dont l’apparence physique portait à croire qu’il devait tutoyer la trentaine lui aussi… Observez la différence de taille entre les noyaux gris centraux, ainsi que celle des ventricules latéraux… c’est tout bonnement hallucinant ! Lorsque l’on sait le rôle primordial que jouent ces zones dans les activités cognitives supérieures… regardez aussi l’importance de la zone d’interactions des lobes frontaux droit et gauche et du système limbique thalamus/hippocampe cerveau… Il y a tant de choses à en dire, mais là n’est pas le but de cette conférence ; pour vous donnez simplement un ordre d’idée, on peut dire qu’il y a les mêmes différences entre ces deux cerveaux, qu’entre un tricycle et une formule 1…
Maintenant une question s’impose : pourquoi ou plutôt comment une telle disparité s’est-elle produite ? En trois lettres : N.D.E, near death experience. D’après nos recherches, huit de nos cas étudiés ont vécu cette expérience de la mort imminente. Vous avez surement déjà entendu parler de ce phénomène au combien controversé qui semble intervenir quand un patient considéré cliniquement mort revient in extremis à la vie. Selon un article outre-Atlantique 18% de ces « revenants » ont vécu un tel prodige ; nos confrères européens, d’ailleurs bien intrigués par le sujet, ont récemment publié une étude posant les bases de cette manifestation jusqu’ici considérée à tort comme l’apanage de délires psychiatriques post-traumatiques. Laissez-moi vous en faire un rapide résumé : tout d’abord la N.D.E semble aléatoirement répartie, sans aucune préférence de sexe, d’âge ni de race, elle se caractérise par une intense expérience cognitive, émotive et mémorielle. Les experiencers, si l’on en croit leurs témoignages, ont pour la plupart ressenti des sensations analogues qui ont visiblement bouleversé leur existence, à savoir : une disparition totale de la douleur au profit d’un sentiment de paix et de quiétude, l’opportunité de sortir de son corps, de se voir soi-même, généralement d’en haut, de pouvoir « lire » les pensées d’autrui et/ou de traverser les murs. S’en suit sans aucune logique, la sempiternelle vision des proches, des parents, le défilement en accéléré de la vie entière du patient, puis une intense lumière devenant de plus en plus brillante sans pourtant se faire éblouissante. En y pénétrant, le sujet toucherait au divin : beauté, amour, connaissance, rencontre d’entités spirituelles, sentiment de fusion, j’en passe et des meilleurs… Faut-il prendre au sérieux cette étude ? Je ne sais pas, cependant et de sources sûres, comme que je l’indiquais précédemment, plusieurs de nos cobayes ont intensément vécu ce phénomène. Dans les huit cas, la période comatique ainsi que la gravité de l’incident les y ayant plongés furent d’une sévérité que je qualifierai d’extrême.
Y-a-t-il un lien entre la N.D.E et les performances cérébrales des Psis ? Indubitablement, et nous travaillons d’arrache-pied afin d’éclaircir les relations existant entre ces deux manifestations… parapsychologiques ?
Pour l’heure nous ne sommes pas à même d’y fournir la moindre explication dite « rationnelle », mais ce n’est qu’une question de temps, et dès que nous en saurons davantage, nous transmettrons nos résultats aux cellules mères de l’organisation.
J’espère avoir pu éclaircir certains points de vos questionnements, même si vous vous en rendez bien compte le chemin à parcourir reste bien long. Vous retrouverez cette intervention sous forme de fichier crypté dans le module habituel.
Mesdames, Messieurs, je n’ai plus qu’à vous remercier de votre attention.

[…Fin de transmission…]


Quand la rumeur s’était propagée jusqu’à son cabinet, Vychensko avait d’abord cru revivre l’un de ces cruels cauchemars qui n’a de cesse d’étouffer son sommeil ; depuis qu’il sait, c’est une paranoïa des plus sombres qui hante chacune de ses nuits… Mais hélas, les faits étaient aujourd’hui bien réels : un patient du service réanimation venait de s’échapper.
Son premier réflexe fut de déverrouiller le tiroir de son bureau et de se saisir du 9mm, jamais il n’aurait pensé devoir s’en servir…
Dans les couloirs jouxtant la chambre, une inhabituelle léthargie semblait s’être installée, et tous, patients, médecins, infirmiers baignaient dans cet incroyable flux d’apathie. Le docteur, lui, n’en connaissait que trop bien la cause.
Un Psi venait de naître… Défiant la mort, en se nourrissant de la vie environnante, il avait su se jouer de la dose pourtant au combien fatale de neurotoxique. La scène lui apparaissait dans les moindres détails… un corps sombrant sous les assauts du poison, un esprit qui seul voulait encore lutter, d’innocentes victimes à portée de pensée… La psychosomatique avait fait le reste, emprisonnant ses proies dans des toiles psychiques, le prédateur en avait absorbé la totale santé morale. Joies, souvenirs et sentiments avaient dès lors à jamais disparu…

[…]

Extraits de l’entrevue entre Suzanne Herbert, ex cible alpha et Kenneth Warwick, psychologue du projet Orichalque, code 68-112, transmission par vidéo-commutateur :

…Racontez-moi votre rencontre avec le dénommé Aaron.

Je m’en souviens comme si c’était hier, on peut dire que c’était hier d’une certaine façon. Je déambulais sur Strafford Street, en centre ville, je n’avais pas vraiment de but précis ; l’été venait de commencer et je voulais juste me changer les idées.
Il faut dire qu’à l’époque… c’était il y a cinq ans … je me sentais étouffée par la pression des examens, et dès que je le pouvais, je sortais pour tenter d’oublier le stress de la fac, pour faire le vide comme on dit. Je n’aurais jamais pu faire mieux […] Un instant, un très court instant, soudainement, je me suis sentie comme transportée ailleurs ; vous savez un peu comme quand vous n’arrivez pas à vous souvenir de ce que vous faisiez la minute juste avant… Quelle drôle de sensation, comme si votre esprit ne vous appartenez plus, qu’il s’échappait. Puis aussitôt je me suis reconnectée avec le monde. Il était là à me fixer intensément, j’ai tout de suite plongé dans son regard. Il n’était pas du tout mon style, il aurait d’ailleurs presque pu être mon père… Mais je ne sais par quel miracle, j’en suis de suite tombée follement amoureuse. Je me consumais de passion rien qu’à le regarder et plus il me dévisageait avec insistance, plus je le désirais ; c’était tout bonnement magique…

Continuez s’il vous plait, que s’est-il passé ensuite ?

Et bien, il s’est approché de moi ; j’étais comme une statue, incapable du moindre mouvement, je ne pouvais pas, non ! Surtout je ne voulais pas lui échapper ; j’étais totalement conquise […]
J’ai entendu cette phrase « suis-moi Suzanne », je ne me souviens pas pourtant l’avoir vu parler ; je ne sais pas, j’ai peut-être rêvé… Mais qu’importe, je l’ai suivi sans me poser la moindre question…
Vous savez, ce n’est pas dans mes habitudes, je veux dire… je ne suis pas une fille facile, loin de là… Enfin bref, je l’ai suivi pour ne plus jamais le quitter… jusqu’à… jusqu’à ce…

Oui bien sûr, nous y viendrons plus tard continuez je vous prie.

Nous sommes montés dans sa voiture, une berline noire aux vitres teintées et nous sommes allés chez lui.

Parlez-moi de la route, qu’avez-vous fait?

Je n’en ai plus aucun souvenir… le black-out total…

Passons, donc vous arrivez chez lui, que se passe-t-il ?

Ah ça, je m’en souviens très bien, et ce coup-ci c’est moi qui ais pris les devants, je n’en pouvais plus de désir… mais rassurez-moi, cette conversation ne sortira pas de ce bureau au moins ?

Vous avez ma parole…

Et bien, puisque vous voulez tout savoir, j’ai totalement abusé de lui, ce fut orgiaque, incroyable, autant imprévu qu’imprévisible, je me suis découvert des penchants que je n’aurais jamais soupçonnés chez moi.

Comme ? […]

Avez-vous à un moment tenté de lui résister ?

Pas immédiatement, mais par la suite oui. La journée se terminait, le soir arrivait, il fallait que je rentre chez moi… j’ai donc décidé de me rhabiller.

Et ?

Et… comment dire… cela ne lui a pas vraiment plu. Il m’a d’abord demandé ce que je faisais, je lui ai répondu, et juste après j’ai ressenti une atroce douleur qui s’emparait de tout mon corps, comme un étau d’acier qui me broyait les muscles ; puis des aiguilles brulantes qui me lançaient sous chaque endroit de ma peau, et ensuite les deux en même temps. Je suis tombée au sol, incapable de retenir mes pleurs…

Et lui ?

Lui, il s’est levé, s’est servi un double Gin qu’il a siroté pendant que je dégustais… Puis après avoir fini son verre, il m’a demandé si je voulais que cela cesse…

Continuez…

Il …Il m’a laissé le supplier, jouant avec moi comme avec une poupée, un pantin. Il me reposait inlassablement la même question : « Veux-tu que j’arrête de te faire souffrir, Suzanne, le veux-tu vraiment ? » […]
Fou de rage, il a balancé son verre sur le plancher, après cela, la douleur a totalement disparue, et il m’a autorisé à rentrer chez moi.

Sans rien dire de plus ?

Si, il s’est d’abord abaissé pour essuyer mes larmes avec son index, puis j’ai de nouveau entendu cette voix en moi, dans ma tête… cette sorte de télépathie.

Que vous a dit cette voix Suzanne ?

Elle m’a dit de ne plus jamais agir sans en avoir reçu l’autorisation, elle m’a dit de ne jamais parler de cela à personne, et de revenir ici le lendemain soir.

Ce que vous avez fait ?

Oui… ne pas lui obéir me paraissait inconcevable, je ne pouvais pas trahir ses ordres, cela relevait du reflexe pour moi… j’étais devenue sa chose et cela me semblait… naturel […]

Vous sentiez-vous libre ou captive vis-à-vis de cette personne ?

Je n’étais pas toujours avec lui, c’était même plutôt rare. Lorsque j’étais seule, je me sentais totalement maître de mes décisions.

Mais pour autant, vous n’avez jamais parlé de votre relation ?

Cela m’était impossible.

Pourquoi ?

Je ne pouvais pas, c’était ainsi… je n’arrive pas à l’expliquer.

Etes-vous sûre que vous étiez réellement libre ?

Je ne sais pas… j’en avais l’impression… […]

Nos renseignements attestent que vous avez comme qui dirait disparue de la surface pendant plus d’un mois. Vous pouvez m’en dire plus ?

Et bien, c’est très simple, un soir je me suis rendue chez Aaron, et, chose exceptionnelle, il m’a ordonné de rester dormir. J’obtempérais sans poser la moindre question, j’étais même à vrai dire plutôt contente. Je me réveillais donc en pleine forme le lendemain matin, il se tenait à mes côtés. Son premier réflexe a été de me demander la date. Devant son insistance croissante, je lui ai répondu. Nous étions le 14 mars, c’était l’anniversaire de ma meilleure amie, je ne pouvais pas me tromper. En me souriant, il m’a alors tendu le journal du jour, qui était daté du 17 avril. J’ai d’abord cru à un canular, mais ce n’était pas son style et après de nombreuses vérifications, je me suis rendue à l’évidence : j’avais dormi durant cinq semaines.

Vous ne vous souvenez de rien durant cette période de sommeil forcé ?

Non, j’ai été, comme il me l’a si bien dit « déconnectée », comme on déconnecte un vulgaire ordinateur. […]

Etait-il parfois violent avec vous ?

Violent n’est pas le terme approprié… sadique convient mieux.

En avez-vous souffert ?

Comme je vous l’ai dit, il a réussi à me faire aimer cela. Vous savez, tout peut arriver avec le temps, il suffit juste de trouver la bonne personne.

Et vis-à-vis des autres, était-il violent ?

De façon générale, il ignorait la plupart des gens.

Vous ne l’avez jamais vu interagir avec autrui ?

Si, une fois, j’en garde d’ailleurs un très mauvais souvenir. Il était parti chercher des cigarettes, et je l’attendais sur le trottoir. Un individu est venu discuter avec moi, ses insinuations étaient on ne peut plus claires et je n’arrivais pas à m’en défaire. Lorsqu’Aaron est revenu, le ton est bien vite monté, et les menaces ont fusé. Le type cherchait à en venir aux mains, il n’en aurait fait qu’une bouchée. Aaron n’était pas d’apparence une force de la nature, c’est le moins qu’on puisse dire… une seconde lui a pourtant suffi pour réduire ce sale type à l’état de légume.

Comment a-t-il opéré ?

Très calmement, il a ajusté ses lunettes de soleil afin que ses yeux puissent être visibles, puis il a fixé intensément son adversaire. Le pauvre a reçu une sorte de choc cérébral fulgurant, il était totalement paralysé, la salive lui coulait de la bouche, il tremblait de tout son corps. Aaron lui a souri dédaigneusement puis a posé sa cigarette entre les lèvres de sa victime. Il a conclu d’un « fumer provoque des maladies cardio-vasculaires » une phrase de ce genre, il était fou de cet humour là… Puis il m’a ordonné de le suivre, et nous sommes partis. Je n’ai pas osé lui poser la moindre question, j’étais moi-même très effrayée par cette scène… je le suis encore… […]

Selon vous, rencontrait-il d’autres Psi ?

Oui une fois par mois environ.

Etiez-vous conviée à ces « réunions » ?

Oui en général, mais je en garde aucune trace de tout cela dans ma mémoire. Aaron ne le voulait pas. « Souviens-toi d’oublier », il me le disait à chaque fois.

Et vous arriviez à oublier ?

Bien sûr, puisqu’il me l’avait demandé. […]

Comment vous sentez-vous de puis sa disparition ?

Triste… résolument triste… Je veux dire, je devrais le haïr pour tout ce qu’il m’a fait, mais je n’y arrive pas, il me manque trop. Depuis sa mort, plus rien ne m’attire, tout me parait fade et sans importance. Tout m’est insensible, tout est froid… Je me déteste…

[…Fin de transmission…]

les auteurs des dessins sont georges Vasilakos et christopher Shy[center]
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